Discours de vœux 2015 du Gouvernement au Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

M. Emmanuel ISSOZE NGONDET

Ministre des Affaires Etrangères, de la Francophonie et l’Intégration Régionale

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;

Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement ;

Mesdames et Messieurs ;

Monsieur le Premier Ministre,

 

2014 s’en est allé. Bientôt un an que le Gouvernement que vous dirigez est en fonction. Et depuis lors, il s’est passé bien de choses qu’il ne me revient pas d’énumérer de façon exhaustive. L’exercice serait fastidieux et manifestement sans intérêt pour la circonstance qui nous réunit ce jour, à savoir l’échange des vœux.

Aussi, me permettrez-vous, au nom des Membres du Gouvernement et en mon nom propre, ainsi qu’à celui de nos familles respectives, de former pour vous-même, votre épouse, vos enfants et tous ceux qui vous sont chers, des vœux de santé, de réussite et de paix intérieure pour l’année 2015.

L’occasion nous est ainsi donnée de porter un regard rétrospectif sur le travail accompli au cours de l’année écoulée, et de jeter un regard prospectif sur les chantiers de 2015.

Dans cette traversée du temps de l’action collective, les Membres de votre Gouvernement considèrent comme un acquis inestimable, la méthode de travail définie lors du Séminaire gouvernemental tenu à Franceville du 23 au 25 février 2014.

En effet, trois (3) aspects majeurs de cette méthode méritent d’être soulignés : la coordination interministérielle, les Conseils interministériels sectoriels et la communication gouvernementale.

S’agissant de la coordination interministérielle, elle a, à votre initiative, connu des avancées notables, à mettre aussi au crédit de l’action de vos services et de celle du Secrétariat Général du Gouvernement ; même s’il est fort souhaitable, pour 2015, ainsi que vous l’avez déjà souligné, une harmonisation plus accrue de certaines procédures, pour en assurer la fluidité et garantir l’efficacité de l’action.

Pour ce qui est des Conseils interministériels sectoriels, leur tenue régulière a permis d’approfondir le caractère collectif de l’action gouvernementale.

Occasions propices de consolider la solidarité gouvernementale et de mieux identifier les points de convergence et de complémentarité ; servant ainsi de contrepoids à la tendance naturelle des différentes administrations à traiter les dossiers de façon autocentrée.

Quant à la communication gouvernementale, des efforts de rationalisation sont indéniables ; l’objectif, que vous avez défini, étant de sortir de la cacophonie des initiatives solitaires qui brouillent forcément la lisibilité du message. Or, la communication gouvernementale est un outil important qui influe sur l’appréciation de l’action publique par les populations, les acteurs économiques et sociaux et les partenaires au développement.

 

Monsieur le Premier Ministre,

Concernant cette action, vous me permettrez de ne m’en tenir qu’a trois (3) domaines : le social, les infrastructures et l’économie.

D’abord le social. Ainsi que l’a souligné le Président de la République, Chef de l’Etat, dans son discours de vœux à la nation, l’année 2014 aura été celle de l’approfondissement du rôle social de l’Etat. Sous votre conduite, le Gouvernement s’est attelé à mettre en œuvre la feuille de route définie en la matière, à savoir la Stratégie nationale d’investissement humain.

A la faveur d’un diagnostic exhaustif préalable sur la situation, il s’est employé à mobiliser les financements nécessaires à la réalisation du Pacte social, au lendemain de la tenue des Assises Sociales, en avril 2014.

Ainsi, le Fonds national d’aide social (FNAS) a été conduit à orienter son action prioritaire vers le financement des filets de protection économique et le soutien aux activités génératrices de revenus (ARG) prioritairement portées par nos compatriotes de condition modeste.

L’offre de couverture médicale a été élargie à d’autres prestations, notamment à la prise en charge intégrale des malades atteints du cancer, ainsi qu’à celle des familles en situation d’extrême précarité.

Par ailleurs, en 2014, le processus d’enrôlement des assurés de la CNAMGS a donné lieu à l’immatriculation des salariés et retraités du secteur privé. Une nouvelle phase de la campagne d’enrôlement des Gabonais économiquement faible est engagée pour 2015.

Aussi reviendra-t-il au Gouvernement de s’atteler à la mise en œuvre des décisions annoncées par le Chef de l’Etat et des conclusions qui résulteront des négociations engagées avec les partenaires sociaux, dans ce domaine, comme dans celui de la revalorisation du traitement des Agents publics, sur la base d’un nouveau système prenant aussi en compte leur performance.

Les objectifs visés par l’institution en 2014 de la Prime d’incitation à la performance (PIP) étaient d’accroître le rendement de l’Agent public et l’efficacité des services administratifs, par le biais d’une juste redistribution des primes incitatives. La dotation budgétaire initiale de 100 milliards a été considérablement revalorisée pour intégrer l’ensemble des Agents publics. Vous y teniez.

Il importe, par ailleurs, de souligner l’urgence de relancer, en 2015, la politique d’accès des populations modestes au service de l’eau et de l’électricité, conformément aux instructions du Chef de l’Etat, et de poursuivre les efforts réalisés en 2014, en matière d’accès au logement social.  

Monsieur le Premier Ministre,

Le rôle social de l’Etat s’est aussi traduit, avec éclat, dans la politique de modernisation et de renforcement des infrastructures de santé que vous avez su mettre en œuvre. Il a été ainsi procédé, en février 2014, à l’inauguration du Centre hospitalier universitaire d’Angondjé et à la mise en service de l’Institut de cancérologie, dans la commune d’Akanda.

 

A Owendo, les travaux de construction du Centre hospitalier universitaire, spécialisé dans les domaines de la traumatologie et de la maternité, sont achevés.

A Libreville, il a été lancé, en septembre 2014, les travaux de construction du Centre hospitalier universitaire Fondation Jeanne EBORI. Et il est attendu, pour 2015, la fin de la deuxième phase des travaux de réhabilitation du Centre hospitalier universitaire de Libreville (C.H.U.L).

Les infrastructures, c’est aussi la route, considérée à juste titre comme l’une des voies qui mènera notre pays à l’émergence. Car, la route est un facteur de croissance économique et d’intégration sociale et politique. Elle favorise la mobilité des populations, contribue à leur brassage et renforce, de ce fait, le sentiment d’appartenance à une même nation.

En 2014, se sont achevés les travaux de bitumage des tronçons Lalara- Koumameyong et Komameyong-Ovan, dans l’Ogooué-Ivindo. Il a été mis en service le pont sur la Banio à Mayoumba, dans la Nyanga, et lancé les travaux de construction de la route Port-Gentil-Omboué, dans l’Ogooué- Maritime.

Dans ce chapitre consacré aux infrastructures, je m’en voudrais de ne point faire état des réalisations importantes dans les domaines de la formation et de la recherche. Je pense en particulier à l’inauguration de l’Ecole doctorale régionale d’Afrique Centrale en infectiologie tropicale, à Franceville, dans le Haut Ogooué, et à l’inauguration de l’Institut du gaz et du pétrole de Port-Gentil, dans l’Ogooué- Maritime.

 

Monsieur le Premier Ministre,

Je voudrais enfin terminer par l’évocation d’un domaine que vous connaissez fort bien, en théorie comme en pratique : l’économie. Toutes les actions menées dans les autres domaines en dépendent.

2014 aura été une année bien particulière, marquée notamment par le vote et l’adoption du nouveau code des hydrocarbures et, parallèlement,  par une baisse continue, depuis juin, des cours du baril du pétrole qui a perdu, à ce jour, 50% de sa valeur. Ce qui s’est traduit tout logiquement par une baisse des recettes dans le budget de l’Etat.

Faisant suite aux instructions du Chef de l’Etat, les Membres du Gouvernement s’attèleront, sous votre conduite diligente, à une réflexion sur les ajustements nécessaires du cadre macro-économique

et à définir les éléments d’une stratégie alternative, fondée notamment sur la forte croissance enregistrée dans les secteurs hors- pétrole.

Comme vous le savez, notre politique de diversification de l’économie repose essentiellement sur l’accroissement de l’investissement dans le secteur des services, l’entreprenariat agricole, avec en perspective le programme GRAINE, ainsi que dans la transformation de certaines de nos matières premières.

J’ai à l’esprit le lancement, l’année dernière, des activités de l’usine pyro-métallurgique de silico-manganèse d’une capacité annuelle de production de 65.000 tonnes ; ainsi que les efforts de transformation locale du bois ; sans préjudice de nos engagements en matière de développement durable.

En effet, notre pays s’est doté, en 2014, d’une loi d’orientation en la matière ; qui prend en compte la nécessité de faire allier les impératifs économiques et sociaux et les exigences environnementales.

Dans cette perspective, le Gouvernement travaille à la réussite du Sommet sur l’Initiative Sud-Sud pour le Climat, prévu en mai 2015.

Monsieur le Premier Ministre,

Il n’est pas sans intérêt de souligner que ces réformes économiques valent à notre pays la confiance des partenaires au développement et des bailleurs de fonds internationaux, à l’exemple du Fonds monétaire international (FMI) qui, au terme d’une mission de consultations en novembre 2014, félicitait les autorités pour le travail accompli, notamment sur la question de la dette intérieure.

Je signale à ce sujet, pour m’en féliciter au nom de l’ensemble des Membres du Gouvernement, qu’en 2014, il a été procédé au règlement de plus 500 milliards de francs dus aux entreprises privées.

La crédibilité internationale du Gabon, donc de l’action du Gouvernement que vous dirigez, ne fait l’objet d’aucun doute ; ainsi qu’en témoigne, par exemple, le choix porté sur notre pays pour abriter, en 2015, le Forum ministériel de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) consacré à l’examen de l’accord de libre-échange entre l’Afrique et les Etats-Unis d’Amérique, pour faciliter l’accès des produits africains au marché américain.

Monsieur le Premier Ministre,

Je me fais le porte-voix de l’ensemble de mes Collègues pour vous renouveler l’affirmation de notre engagement à ne ménager aucun effort en 2015 pour relever, à vos côtés, les défis de la modernisation de notre pays et des enjeux de son développement.

Je vous réitère, en leur nom, et en mon nom propre, ainsi qu’à celui de nos familles respectives, nos vœux de santé, de réussite et de paix intérieure, à votre épouse, à vos enfants, ainsi qu’à tous ceux qui vous sont chers.

Je vous remercie.