Fin de la 7ème Journée de la CEMAC

Une intégration régionale irréversible, en dépit des écueils

 C’est le constat qui peut être fait après les deux jours de communications auxquelles ont assisté les dizaines de participants venus d’horizons divers.

 

 Débuté lundi en matinée, la 7ème Journée de la CEMAC s’est achevée hier dans la mi-journée avec la fin des communications qui ont permis à l’assistance d’avoir une idée de l’état d’avancement du processus d’intégration en zone CEMAC, notamment pour ce qui est de la libre circulation des personnes. Celle-ci étant, en effet, une étape clé dans la construction d’un marché commun. C’est ainsi que, s’agissant de cette problématique qui fait toujours couler beaucoup d’encre et de salive au sein de la communauté et constitue, à n’en point douter, une des principales entrave à la mise en route effective de l’intégration régionale, sachez que les instances communautaires ont mis en place un cadre juridique complet de sa promotion dans l’espace CEMAC.

En outre, une feuille de route consensuelle sur la libre circulation des personnes avait été adoptée en décembre 2007. Elle identifie des actions concrètes à mener par les Etats membres et la commission pour renforcer la libre circulation des personnes et rendre effectif le marche commun en Afrique centrale. Malheureusement, sept ans après sa mise en route, ladite feuille de route n’a toujours pas connu d’avancées signification. Car, sur les quinze actions prescrites, aucune n’a connu une mise en œuvre complète par tous les Etats membres.

S’agissant du passeport CEMAC, seuls trois pays (Cameroun, Congo et Centrafrique) ont pu faire homologuer leurs spécimens. Quant à la politique Emi-immigration, le document y relatif n’a toujours pas été adopté, le Gabon et la Guinée Equatoriale ayant mis des réserves lors de son dernier examen en novembre 2013. Malgré tout, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo et le Tchad pratiquent depuis 2004 la libre circulation des personnes entre eux. Le Gabon et la Guinée Equatoriale hésitant à l’appliquer pour des raisons sécuritaires, la libre circulation des personnes et le marché commun demeurent donc encore au stade théorique. Par ailleurs, à la suite des dernières réunions sur les modalités d’application de l’Acte additionnel du 25 juin 3013 portant suppression des visas, le Tchad s’est engagé à l’appliquer intégralement, le Cameroun, la Centrafrique et le Congo s’engageant à conservent le statut quo basé sur le principe de réciprocité, tandis que le Gabon et la Guinée Equatoriale avaient décidé de supprimer à brève échéance les visas aux détenteurs de passeports diplomatiques et de service.

Ainsi il ressort que 50 ans après le démarrage du processus d’intégration régionale et 20 ans après le création de la CEMAC, l’avènement du marché commun reste entravée par l’absence de la libre-circulation des personnes, or à ce qui se dit, les visas à l’égard des ressortissants de la CEMAC ne constituent nullement un moyen efficace de lutte contre l’insécurité transfrontalière ou l’immigration clandestine venant des pays tiers, essentiellement d’Afrique de l’ouest, exerce une très forte pression migratoire, comparée à celle des Etats membres de la CEMAC.

Aussi, afin de basculer définitivement vers le marché commun, il est suggéré aux quatre membres qui appliquent déjà la libre circulation des personnes (Cameroun, Congo, Centrafrique et Tchad) de l’étendre unilatéralement aux ressortissants des autres Etats membres, sans obligation de réciprocité. Au Gabon et à la Guinée, il fut demandé de supprimer l’obligation de visa, et à tous les Etats membres d’appliquer l’ensemble des conventions et Accords relatifs. Ce qui n’est pas encore fait, malgré la bonne volonté affichée par les uns et les autres, leur applicabilité étant particulièrement complexe, eu égard à de nombreuses contingences qui parsèment son champ de mise en œuvre. Malgré tout, l’intégration régionale reste une préoccupation majeure et un processus irréversible, comme l’a affirmé à l’issu des travaux, Simon Ndjimbi Mouele, le Représentant-Résident de la CEEAC au Gabon.